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Les motos et la Seconde Guerre mondiale

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La moto remplace le cheval et devient, comme ce dernier, machine de guerre. Rapide, elle s’impose comme le moyen idéal pour communiquer, tandis que le side-car, fonctionnel et léger, se transforme en véhicule d’assaut et de transport.

Evolution des machines

Nombres de motos utilisées par les forces armées n’étaient en fait que des modèles civils améliorés. Mais la guerre a imposé de nouveaux modèles, plus fiables et plus pratiques. Chaque nation s’attacha donc à développer des configurations particulières : les allemands jetèrent leur dévolu sur le bicylindre horizontal, les américains sur les bicylindres en V, et les anglais sur les monocylindres. Il convient toutefois de relativiser ces généralités. En effet, si la plus célèbre des machines de guerre anglaise fut le monocylindre produit par Matchless sous l’appellation G3L, Triumph, Enfield et Douglas produisirent quelques bicylindres pour l’armée britannique. De leur côté les allemands firent aussi quelques infidélités au bicylindre à plat : Ardie, DKW, TWN et Zündapp proposèrent des deux temps, et la firme Victoria mis en fabrication un monocylindre quatre temps de 342 cm³. Cependant la moto la plus révolutionnaire fut la KettenKrad, produite par la firme NSU, elle était motorisé par un bloc quatre cylindres Opel de 1478 cm³. De leur côté, les italiens se contentèrent de fiabiliser des modèles déjà existant, telle la Gilera Marte et la Moto-Guzzi Alce. L’armée de Mussolini fut aussi équipée de motocarri (moto chenillée) telles les Moto-Guzzi Triacle et Gilera Gigante VT. Les américains quand à eux utilisèrent des Harley-Davidson XA, inspirées de la BMW 12, des Crosley, et des Indians Model 841.

Les différents rôles de la moto au sein des forces armées

De tous les corps engagés ce sont essentiellement les agents de transmission qui privilégient la moto comme moyen de déplacement. Les motos servent également d’escorte aux convois de véhicules, leur mobilité et leur faible encombrement faisant merveille pour assurer la liaison entre unités isolées. Un autre des rôles essentiels des motos se voit être la reconnaissance de positions avancées. Couplées à un side-car, les motos se voyaient alors équipées d’un arsenal de défense, le plus souvent une mitrailleuse gros calibre, ou de canon antichars. Contrairement à la croyance populaire, ce n’est pas la maniabilité qui imposa l’usage des motos au sein des conflits, mais leur coût de production et d’entretien, nettement plus économique que celui d’une automobile.

Les side-cars

A la fin de la Première Guerre Mondiale, les side-cars avaient joué un rôle essentiel dans les rangs de l’armée. De fait les side-cars entrèrent-ils immédiatement sur le devant de la scène lors de la seconde guerre mondiale. Il convient alors de distinguer les side-cars de l’Axe et ceux des Alliés, qui n’ont pas le même niveau d’aboutissement. Mis à part le side-car Norton, dotée d’une roue motrice, les side-cars des Alliés ne sont pas réellement aboutis. Les américains, quand à eux, préfèrent utiliser la Jeep, qui s’avèrent économique et plus apte au combat et au transport. Les allemands, ne disposant d’aucun véhicule comparable à la Jeep, misèrent sur des side-cars techniquement évolués. Les BMW R75 de 745 cm³ et les Zündapp KS 750W de 751 cm³ furent les plus célèbres. « L’éléphant vert », autre nom de la Zündapp KS 750W, fut le véhicule employé massivement par Rommel dans les déserts de l’Afrique du nord. Ce side-car était doté d’une marche arrière, ainsi que d’une boite de vitesses automatique et d’une roue motrice. La Wehrmacht fit ainsi produire 18 600 KS 750W et 16 500 R75.

Motos et parachutistes

La création des troupes parachutistes, soulève la problématique du déplacement au sol des soldats. La moto se révéla alors être un engin parfaitement adapté à cet usage. Nombres de constructeurs étudièrent des motos légères destinées à être parachutées : Volugrafo, Aeromoto en Italie, TWN (1) en Allemagne, Cushman aux Etats-Unis, Royal-Enfield et Welbike en Grande-Bretagne. La welbike pesait moins de 32 kg à sec. Son moteur était un petit Villiers Junior Deluxe de 98 cm³ ; il en fut produit plus de 10 000 unités. Après la guerre, sa commercialisation continua sous le nom d’Excelsior Corgi.

Gunther L

Citation

« Conduire une moto est, sans aucun doute, la sensation la plus intense qu'une machine puisse provoquer. »
Paul Peczon – Book Review of Speed Tribes